Architectes : Joëlle Houdé et Jean-Paul Verleyen
La pierre est le matériau primaire. Depuis des siècles, de grands blocs bruts ont été extraits des carrières de pierre. Les murs avec lesquels ils ont été assemblés et maçonnés ont un aspect rude, massif et renfermé.
Le béton est le matériau dérivé. La pierre est concassée et ensuite mélangée avec du ciment et de l'eau. La masse qui en résulte peut être coulée. Elle s'homogénéise, durcit et se transforme en béton.
La pierre et le béton sont intimement liés à Bouvignes-sur-Meuse. Les ruines de pierres des remparts moyenâgeux de la ville sont les témoins silencieux d'un passé mouvementé. Les murs de pierres y forment la frontière entre les maisons éprouvées par le temps et les ruelles droites et étroites. Le béton y incarne le nouveau à côté et en continuité du passé.
Une paroi cintrée en béton limite la petite extension de la maison classée de notaire datant du 18ème siècle, située rue Richier. Le caractère massif du matériau dialogue avec l'ancien, l'originel ainsi qu'avec le caractère minéral de l'environnement. La courbe fait référence à un gigantesque bouclier et symbolise la protection et la puissance de combat médiévales. La paroi est tout autant une balise, un point de repère qu’un signe de délimitation et de liaison.
Une paroi droite en béton soutient les murs de pierre d'une maison classée du 18ème siècle située rue Richier. Elle fait incontestablement partie en tant qu'élément structurel contemporain de cette demeure dont le mur latéral entaillé apparaît comme un instantané pétrifié d'un état antérieur en ruine.
Cette publication est entièrement consacrée aux aspects techniques de ces deux parois. Celles-ci font partie du projet de rénovation conçu par les architectes Joëlle Houdé et Jean-Paul Verleyen à Bouvignes-sur-Meuse. Ce projet a été présenté dans l’article "Tel un bouclier dans une forteresse du passé", publié dans A+Architecture n° 130. Un tiré à part est joint à ce bulletin. |
 (PDF - 15.08 Mo) |